A dix jours du second tour, la bataille des foules atteint son paroxysme.

Nous sommes tous d’accord pour dire que les comparaisons anatomiques n’ont pas leur place dans une société post-moderne telle que la nôtre. On ne gagne plus le respect de nos congénères en exhibant l’ampleur de nos attributs. Il faudra en toucher un mot à la France forte et au Changement c’est maintenant.
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150.000 ! Qui dit mieux?
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Les candidats se livrent depuis des semaines un combat stérile, qui commence à 20.000, passe par les 50.000 et finit à 100.000. Chacun veut franchir avant l’autre les paliers de Qui veut gagner une élection.Tout y est: le décor, les lumières, le public, les caméras.
Pour avoir la meilleure image du JT de 20h, ils sont prêts à tous les travelling, toutes les grues gyroscopiques, tous les écrans géants. Sur la place de la Concorde, l’UMP met en place des compartiments de militants séparés par des boulevards de circulation. L’effet militaire est impressionnant. L’armée de droite, “innombrable”, semble rangée derrière son Julius, prête à manger du gaulois de Corrèze. Au même moment, à Vincennes, on se rassemble sur un air de zouk et dans la cohésion ‘sociale’. Joyeusement désorganisés, les sympathisants s’amassent comme bon leur semble et forment un bloc aussi uni qu’un dimanche de fête de l’Huma.
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150.000 coups dans l’eau
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Les chiffres sont chaque fois plus impressionnants, au point de friser le ridicule. 100.000 à Vincennes à 14h30? Vite, à 15h, l’UMP annonce qu’elle a de son côté 150.000 fidèles devant le jardin des Tuileries. Et les télévisions, dans la même course au spectacle, ne se privent pas de relayer ces chiffres incroyables que la préfecture -privée de comptage- ne viendra pas contredire.
Tout ça pour quoi? Pour donner la sensation au peuple de France que vous avez la meilleure dynamique, la ferveur populaire la plus démentielle. Mais c’est trop vite oublier les suites de l’effet Mélenchon. L’orateur du Front de Gauche avait créé cet élan place de la Bastille puis place du Capitole à Toulouse, sauf que le sensationnel n’a pas eu le résultat escompté. Impressionnés par les images, nous pouvons être pris d’un sentiment de sympathie, exaltés par le pathos de la scène, mais l’orateur leader du peuple n’en devient pas plus légitime à nos yeux.
Si j’étais d’humeur grivoise, je terminerais donc ce billet en admettant que l’important n’est toujours pas la taille mais ce qu’on en fait. Oups, c’est fait.