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La classe internationale

Hier, le stagiaire en a eu pour son stage. J’ai eu le véritable bonheur de passer un coup de fil à Harold Hyman. Mais si, Harold, vous savez, le monsieur diplomatie de BFM TV ! Les bretelles les plus célèbres de l’info TV ! L’accent le plus cool du petit écran ! J’en ai d’ailleurs eu confirmation: son accent est “truly true”.

Certes, il m’a dit que mon sujet ne l’intéressait pas du tout et qu’il n’avait pas le temps d’écouter mes histoires. Mais de la part du “Maître des cartes”, du seul homme en France qui puisse commenter des animations d’avions de chasse sur un écran géant (tandis que ses collègues en sont réduits à l’écran vert), je ne m’offusque pas. Je le prie plutôt de m’excuser, et lui assure que je ne l’embêterai plus.

Harold, vous êtes top, je veux vos bretelles, et continuez à entretenir nos rêves d’enfants: une partie de Risk sur un écran 15.000 pouces.

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Tipp-Ex lance sa nouvelle campagne de pub interactive, et c’est tout simplement génial.

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L’habit fait le moine

Au lendemain de l’introduction en Bourse de Facebook, son inventeur vedette refuse toujours d’abandonner le sweatshirt à capuche. Cela pourrait devenir un problème pour l’entreprise, quand on sait que 80% de notre perception d’un interlocuteur ne tient pas à ce qu’il dit mais à ce qu’il montre.

Ils ne likent pas

La situation est insensée: l’un des hommes les plus influents et les plus riches du monde est harcelé par son entourage (dans son cas, l’univers économique tout entier) qui cherche à lui faire changer de garde-robe. Marck Zuckerberg, 28 ans, un empire à ses pieds et une rencontre internationale par semaine, est sommé d’aller chez Zara USA avec papa et maman pour parfaire son étagère de chaussures cirées et d’une veste sans “zip”.

Les actionnaires de Facebook ne sont pas idiots. Une tenue trop ‘casual’ n’est pas susceptible de briser l’élan boursier du réseau social, dans l’immédiat. A plus long terme en revanche, les doutes qui commencent déjà à planer sur la retombée de l’effet de mode Facebook pourraient être alimentés par cette décontraction permanente. Un patron qui n’a jamais su changer de style, jamais voulu se mettre dans l’habit d’un entrepreneur ni même d’un adulte, peut-il être un patron d’avenir? Comment peut-on s’adapter à l’évolution du marché et endurer les contraintes d’une telle entreprise lorsque de son propre chef, on refuse l’évolution de son apparence et la contrainte vestimentaire ?

L’image renvoyée par Marck Zuckerberg n’inspire pas confiance et la volonté d’imiter le look récurrent de Steve Jobs, qui avait au moins fait l’effort du col roulé, est un argument qui ne respire pas non-plus la maturité.

La solution? Une veste-shirt

La transformation, pour s’opérer, doit être progressive. Quelques marques de prêt-à-porter ont donc proposé un compromis au fondateur de Facebook. Le plus célèbre est ce mix, qui associe coupe droite et fines rayures verticales à la capuche et l’indispensable poche kangourou: the executive pinstripe hoodie.

Pour autant, pas sûr que les investisseurs y voient un Marck Zuckerberg nouveau. Entre chic-conformisme et libre-arbitre-teenager, le geek le plus connu du monde semble avoir choisi et ne changera pas d’un iota tant qu’il n’y sera pas vraiment obligé.

Les rares fois ou il enfilera un costume, il n’oubliera pas - comme sur le péron de l’Elysée - de mettre ses mains dans ses poches, histoire de ne pas avoir l’air trop sérieux non plus.

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Comment devient-on un dessert ?

Tout le monde connaît le surnom de François Hollande. Tout le monde l’utilise. Mais d’où vient-il ?

Une histoire de Flançois

Le surnom naît en 2003. C’est Arnaud Montebourg (auteur de plusieurs coups d’éclat depuis) qui l’invente dans les couloirs de l’Assemblée nationale. La scène, trop ancienne pour être immortalisée par le Petit Journal ou volée par un iPhone indiscret, fut sans doute aussi savoureuse que cet égarement champêtre de 2002.

Le parcours de ce surnom est donc assez fascinant: il commence son marathon derrière l’hémicycle en 2003 et le termine neuf ans plus tard dans nos conversations de famille, autour du poulet dominical. Cette course est d’autant plus folle qu’elle n’aura pas été facilitée par les grands médias, respect oblige. Internet est donc le seul déclencheur de la marée caramélisée qui a déferlé ces derniers mois sur les réseaux sociaux et les sites d’infos en ligne. Voilà une nouvelle démonstration de l’influence du web et de son incroyable mémoire. En matière d’infos virtuelles, à l’inverse des certitudes physiques de Lavoisier, rien ne se perd et rien ne se transforme. Un bon mot en 2003, une affiche en 2012, tout est stocké pour la postérité.

Un flan pour rien ?

Les sobriquets, contrairement à ce que l’on pourrait penser au premier abord, ne sont pas toujours dommageables. En particulier en politique. La foule d’illustrations, de photomontages plus ou moins élaborés, de photos prises depuis les isoloirs et diffusées aussitôt sont autant de marques d’attention. Comme l’expliquait une spécialiste du langage sur TV5 Monde, il n’y a pas de surnom sans notoriété et sans un important capital de sympathie. Les trésors d’imagination déployés pour caricaturer François Hollande témoigneraient donc d’une empathie sincère à l’égard du nouveau Président. Après tout, derrière cette caricature se cache un certain apaisement: le mou c’est doux, le mou c’est gentil, le mou c’est tranquille. Et si face à Sarkozy, le yaourt avait été l’arme ultime ?

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Campagnes de signalisation RATP: 1978 en 2012

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Louis XIV aurait aimé être François

Les fastes du Palais de la République n’auraient ni dépaysé, ni déçu un Roi Soleil. De Versailles à l’Elysée, les traditions d’Ancien Régime sont tenaces.

On dit parfois que les français sont, au fond, plus attachés à la Monarchie que leurs voisins Anglais. Outre notre engouement pour Kate & William, les restaurations successives après 1789, les plébiscites en faveur de l’Empereur et l’élection du Président de la République au suffrage universel en sont autant de preuves historiques. Au fond, notre approche du chef de l’État n’a pas tellement changé. Et en apparence, encore moins. L’image du président est tout simplement royale.

Allocutions

La musique parle d’elle-même, tout comme le décor. Napoléon n’aurait pas rêvé plus grandiose annonce télévisuelle.

Au quotidien

Neuf cents personnes réparties en corps de métiers travaillent chaque jour à l’Elysée: maîtres d’hôtels, cuisiniers, lingères, fleuristes, argentiers, huissiers… Hier soir, le Petit Journal révélait d’ailleurs une anecdote amusante concernant le jus d’orange de Nicolas Sarkozy. On a appris qu’un président n’avait pas besoin de touyer pour faire remonter la pulpe, un majordome s’en charge. Quant à ses déplacements, ils occasionnent l’entretien d’une flotte à faire pâlir les cochers de Navarre: 8 avions et 105 véhicules terrestres sont à disposition.

En comparaison

La triste sobriété des résidences des chefs de gouvernement suédois, italien ou hongrois frappe nos esprits de sujets royaux refoulés. Non, on ne pourrait pas faire dormir notre Président dans une maison, même grande. François II doit avoir son lit à baldaquin, comme les autres.

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Web transition

Pour le nouveau président, les problèmes ne se résument pas au déficit et la crise grecque. Ses équipes ont un tas de petits soucis bien plus terre à terre à régler rapidement, et le site Internet de la Présidence en est un.

La transition présidentielle est fondamentalement communicationnelle: s’attribuer le pouvoir, c’est d’abord s’en attribuer les apparats. Or un président sans site Internet, c’est un peu comme une Reine d’Angleterre sans brushing: impossible. C’est pourquoi Elysee.fr ne restera pas en ligne bien longtemps. Marqué de la patte Sarkozy, il est déjà doublonné depuis hier par le site de François Hollande, qui a opéré une mue radicale. Au revoir le rouge, bye bye les liens vers le site du PS, bonjour le drapeau tricolore. La métamorphose du candidat en chef d’État devait s’opérer le plus vite possible sur la toile, c’est chose faite.

Pendant des siècles, nos dirigeants ont apposé leur empreinte dans les lieux qu’ils fréquentaient en changeant les meubles et la couleur des rideaux. Mais en 2012, avant même de pouvoir prendre possession de son nouveau bureau et d’y refaire la déco, le nouveau président prend possession du web.

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“Tu seras un Président, mon fils”

Ce matin, sous l’arc de triomphe, c’était transmission de témoin deux jours après la fin du marathon du Faubourg st Honoré.

Les images donnent cette sensation rassurante que la République est non-seulement soudée, mais perpétuée: “Le Président est mort, vive le Président !” Sauf que démocratie oblige, l’élection a remplacé l’acte de décès. En bon perdant, l’adversaire sortant devient alors un instructeur bienveillant. Le Président déchu apprenait donc à son successeur, ce 8 mai, à quelle distance il s’agit de se tenir devant la gerbe de fleurs décorant la tombe du soldat inconnu.

Ce geste de Nicolas Sarkozy, qui arrête François Hollande dans sa course afin de lui montrer l’emplacement protocolaire, voilà de quoi terminer sur une image de président protecteur. Cette attitude est cohérente avec son discours de défaite, dont la volonté de rassemblement et la sérénité ont été saluées de toutes parts.

Finalement ce matin, Nicolas profitait de ses derniers jours de boulot pour former le nouveau avant son départ à la retraite. Sous nos yeux, l’apprenti a pris les clés de la boîte et l’ancien patron lui a dévoilé en chuchotant, dans le creux de l’oreille, où il les cachait habituellement. Sous le paillasson du perron de l’Élysée, certainement…

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Le changement, c’est en 30 ans.

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On remballe au trocadéro

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C’est moi qu’ai la plus grosse affluence

A dix jours du second tour, la bataille des foules atteint son paroxysme.

Nous sommes tous d’accord pour dire que les comparaisons anatomiques n’ont pas leur place dans une société post-moderne telle que la nôtre. On ne gagne plus le respect de nos congénères en exhibant l’ampleur de nos attributs. Il faudra en toucher un mot à la France forte et au Changement c’est maintenant.

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150.000 ! Qui dit mieux?

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Les candidats se livrent depuis des semaines un combat stérile, qui commence à 20.000, passe par les 50.000 et finit à 100.000. Chacun veut franchir avant l’autre les paliers de Qui veut gagner une élection.Tout y est: le décor, les lumières, le public, les caméras.

Pour avoir la meilleure image du JT de 20h, ils sont prêts à tous les travelling, toutes les grues gyroscopiques, tous les écrans géants. Sur la place de la Concorde, l’UMP met en place des compartiments de militants séparés par des boulevards de circulation. L’effet militaire est impressionnant. L’armée de droite, “innombrable”, semble rangée derrière son Julius, prête à manger du gaulois de Corrèze. Au même moment, à Vincennes, on se rassemble sur un air de zouk et dans la cohésion ‘sociale’. Joyeusement désorganisés, les sympathisants s’amassent comme bon leur semble et forment un bloc aussi uni qu’un dimanche de fête de l’Huma.

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150.000 coups dans l’eau

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Les chiffres sont chaque fois plus impressionnants, au point de friser le ridicule. 100.000 à Vincennes à 14h30? Vite, à 15h, l’UMP annonce qu’elle a de son côté 150.000 fidèles devant le jardin des Tuileries. Et les télévisions, dans la même course au spectacle, ne se privent pas de relayer ces chiffres incroyables que la préfecture -privée de comptage- ne viendra pas contredire.

Tout ça pour quoi? Pour donner la sensation au peuple de France que vous avez la meilleure dynamique, la ferveur populaire la plus démentielle. Mais c’est trop vite oublier les suites de l’effet Mélenchon. L’orateur du Front de Gauche avait créé cet élan place de la Bastille puis place du Capitole à Toulouse, sauf que le sensationnel n’a pas eu le résultat escompté. Impressionnés par les images, nous pouvons être pris d’un sentiment de sympathie, exaltés par le pathos de la scène, mais l’orateur leader du peuple n’en devient pas plus légitime à nos yeux.

Si j’étais d’humeur grivoise, je terminerais donc ce billet en admettant que l’important n’est toujours pas la taille mais ce qu’on en fait. Oups, c’est fait.

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Actor Studio.

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Un boulot ingrat

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, ces jours-ci ne s’annoncent pas faciles. Elle affronte en effet un vrai cas de conscience.

Celle qui s’est toujours posée en opposante farouche au Front National, au point d’en faire un livre, doit désormais accepter la position de son candidat. Sarkozy estime que le FN n’est pas (plus) anti-républicain ? C’est à elle de relayer le message.

Savoir renier publiquement ses convictions en deux jours, c’est le boulot du porte-parole.

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Iznogoud

Depuis 2009, Jean-François Copé annonce son intention d’être le candidat de la droite en 2017. Ce positionnement précoce lui ôte de fait toute crédibilité dans cette campagne. Et pourtant il écume les plateaux.

JFKC est un porte-voix essentiel de Nicolas Sarkozy. Trois bonnes raisons à cela: son expérience, son statut, ses talents indiscutables d’orateur et de débatteur acharné. Sauf que ses ambitions devraient automatiquement le discréditer.

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Faites vos jeux

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Tout n’est que calcul. De toute évidence, voilà la seule situation que souhaite JFC parce que c’est la seule qui puisse le faire gagner en 2017:

Que Nicolas Sarkozy soit battu, puis que François Hollande s’embourbe dans une crise budgétaire qui ne permettrait pas au projet socialiste d’appliquer la moitié de ses promesses. L’échec serait cuisant pour la gauche et terriblement décevant pour son électorat qui l’attendait depuis 1995. Un boulevard s’offrirait alors au candidat de la droite.

A l’inverse, catastrophe pour Jean-François: si Nicolas Sarkozy était réélu, la droite totaliserait quatre mandats successifs étalés sur vingt-deux ans. D’un point de vue statistique et en toute logique démocratique, il serait quasiment impossible pour notre dauphin d’être élu en 2017. Il devrait patienter jusqu’en 2022 au moins, puisque cette seconde hypothèse pour 2012 aurait validé la thèse d’une réélection quasi-systématique du président sortant. JFC pourrait donc coller des gommettes jusqu’en 2027.

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Candidat à la place du candidat.

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Cette mise en situation mathématique est tout à fait raisonnable et n’étonnera personne. La place accordée à J.F Copé en devient invraisemblable. Sauf que le Iznogoud de Meaux avait tout prévu.

En prenant les rênes du parti majoritaire, il s’est taillé un fauteuil sur mesure dont on ne peut le déloger. Le Secrétaire général de l’UMP est légitime à s’exprimer pendant la campagne, et même beaucoup plus que la plupart. Naturellement, il n’hésite pas à organiser des rencontres publiques dont il est la seule vedette. Voilà un moyen de profiter de la campagne: affirmer son charisme partout en France, sous prétexte de faire réélire le calife.

Habile, John Fitzgerald.

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La soirée électorale de Walt Disney

Devant sa télé, le 22 avril 2012, il ne fallait pas être exigent. Comme chaque soir de scrutin électoral, Nadine, Manuel, Rachida & Co récitent leur texte et se chamaillent joyeusement.

Après 6h de visionnage (véridique, de 17h30 à 23h30), j’ai enfin compris que je venais d’assister au remake de blanche-neige: des personnages au tempérament caricatural draguent désespérément leur bien-aimée (nous) en lui faisant les yeux doux. Entre deux miaou à l’électorat, ils s’infligent des croche-pattes. Nous sommes la blanche neige d’un soir et voici un échantillon de sept nains en pleine action.

Alain et sa dictée (Prof), Gilbert et ses ronchonchon (Grincheux), François et ses cernes (Dormeur), Philippe et sa satisfaction (Joyeux), Poutou et ses petites inquiétudes (Timide), Ségolène et ses certitudes (Simplet). Atchoum manque à l’appel.

Au lendemain de cette soirée dessin animé nous devons rester optimistes, un jour sans doute notre prince viendra.